Boxe : le ministère sonne le gong de la normalisation

Boxe camerounaise : le ministère sonne le gong de la normalisation

Face à une crise de gouvernance qui paralyse la boxe camerounaise depuis des mois, le ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi a tranché. Un comité de normalisation est désormais aux commandes de la Fecaboxe pour six mois.

C’était devenu intenable. Divisions, querelles de légitimité, paralysie décisionnelle… La Fédération camerounaise de boxe (Fecaboxe) vivait depuis trop longtemps dans la tourmente, au point de voir son comité exécutif perdre toute crédibilité. Ce mercredi, le ministre des Sports et de l’Éducation physique, Narcisse Mouelle Kombi, a décidé de taper du poing sur la table. Par une décision officielle, il a mis en place un comité de normalisation chargé de reprendre en main la gestion du noble art au Cameroun.

« Cette décision intervient en accord avec les orientations du comité de normalisation de l’African Boxing Confederation », précise le texte ministériel. Un détail qui a son importance : la tutelle internationale avalise donc cette reprise en main, gage que le Cameroun ne risque pas de sanctions de la part des instances africaines et mondiales de la boxe.

Six mois pour tout remettre à plat

Le comité de normalisation n’a pas été créé pour s’éterniser. Sa feuille de route est claire et le calendrier serré : six mois, pas un jour de plus, pour « régler les affaires qui se présentent comme sources du mal-être de la Fecaboxe ». Un diagnostic sans appel de la part du ministère, qui reconnaît officiellement l’ampleur de la crise.

Dans l’immédiat, ce comité va se substituer purement et simplement au comité exécutif en place. Il hérite de tous ses pouvoirs : gestion des affaires courantes, administration de la fédération, relations avec les instances internationales et les partenaires techniques et financiers. Une mise sous tutelle de facto, justifiée par l’absence de crédibilité de l’exécutif actuel.

Mais le comité ne se contentera pas de gérer l’existant. Sa mission principale est bien plus ambitieuse : « définir un cadre de dialogue entre les principaux acteurs » et mettre sur pied « un processus électoral inclusif et consensuel ». En d’autres termes, il s’agit de rassembler les chapelles rivales et de créer les conditions d’élections apaisées et acceptées par tous.

Transparence, équité, inclusion : le triptyque imposé

Sur ce point, le ministre Narcisse Mouelle Kombi ne laisse aucune place à l’improvisation. Le texte créant le comité martèle trois principes qui devront guider son action : « le strict respect de l’équité, de la transparence et l’inclusion ». Des mots qui sonnent comme un avertissement aux caciques qui se livrent depuis des mois à des guerres d’influence en coulisses.

L’objectif final est de doter la Fecaboxe « d’un exécutif fédéral légitime par voie d’élections ». Une légitimité qui fait cruellement défaut à l’équipe dirigeante actuelle, embourbée dans des contestations permanentes. Au terme de sa mission, le comité de normalisation devra produire un rapport détaillant son action et les résultats obtenus.

Une opération de sauvetage

Cette décision ministérielle marque un tournant pour la boxe camerounaise. Trop longtemps laissée à l’abandon administratif, la discipline souffrait d’une image dégradée et d’une gouvernance chaotique qui pénalisaient les clubs, les entraîneurs et surtout les boxeurs. Les talents ne manquent pas dans le pays des Lions Indomptables, mais comment briller sur la scène internationale quand votre fédération est empêtrée dans des querelles intestines ?

En créant ce comité de normalisation, Narcisse Mouelle Kombi entame « une opération visant à traiter le mal qui ronge la gestion de la boxe et restaurer la crédibilité de l’instance faitière nationale », selon les termes officiels. Une entreprise de salubrité publique sportive, en somme, qui devrait permettre au noble art camerounais de retrouver la voie de la sérénité.

Reste désormais à connaître la composition exacte de ce comité et l’identité de ceux qui auront la lourde tâche de réconcilier le milieu de la boxe camerounaise. Dans six mois, on saura si la normalisation aura porté ses fruits. Pour les boxeurs du pays, l’espoir est en tout cas permis de voir enfin leur fédération sortir du chaos et se concentrer sur l’essentiel : leur permettre de briller sur les rings.

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