
les membres du comité de normalisation de la Fecaboxe
Avant même les gestes protocolaires et les photos d’usage, c’est une mission de redressement qui a été assignée au Comité de normalisation de la Fédération Camerounaise de Boxe. Sous l’égide de la Confédération Africaine de Boxe (AFBC), cette équipe est appelée à sortir le noble art camerounais de l’impasse institutionnelle dans laquelle il s’enlise depuis plusieurs années.
La feuille de route est sans ambiguïté : réviser les textes, assainir la gouvernance, apurer les listes électorales et organiser des élections crédibles. Le tout dans un délai strict de six mois, pensé comme un compte à rebours pour éviter l’enlisement et refermer une séquence marquée par les querelles internes et la paralysie administrative.
Six mois pour remettre la boxe sur ses appuis
Le temps est compté et la pression réelle. Il s’agit moins de gérer le quotidien que de reconstruire les fondations d’une fédération autrefois pourvoyeuse de titres et de médailles, aujourd’hui affaiblie par la gabegie et la perte de repères collectifs. Le mot d’ordre : crédibilité, tant sur le plan national qu’international.
Une installation sous haute vigilance ministérielle
C’est dans ce contexte que le ministre des Sports et de l’Éducation physique, Narcisse Mouelle Kombi, a procédé, ce mercredi 14 janvier à Yaoundé, à l’installation officielle du Comité de normalisation. La cérémonie, organisée dans les locaux du ministère, a marqué la mise sous tutelle assumée d’une fédération à la dérive et la volonté affichée des pouvoirs publics de reprendre la main.
Sans détour, le ministre a rappelé l’objectif central : ramener l’ordre, la transparence et la confiance au sein de la boxe camerounaise, discipline emblématique mais fragilisée par des années de conflits internes.
Un arbitre de fer pour un ring institutionnel
Pour mener ce combat délicat, le choix s’est porté sur un profil juridique de premier plan. Gaston Chrysostome Kana, magistrat de 4ᵉ grade et ancien procureur de la République, a été nommé président du Comité de normalisation. Un signal clair : la reconstruction de la Fecaboxe passera d’abord par le respect du droit et des règles.
Il est épaulé par la Pr Odile Emmanuelle Mfegue She, universitaire de renom et spécialiste du droit pénal, qui occupe la vice-présidence. La présence de ces deux figures de la justice au sommet de l’instance traduit l’ampleur des dérives administratives que le comité devra corriger.
Entre expertise olympique et mémoire du ring
Au-delà du socle juridique, le comité intègre des profils issus du management sportif et du terrain. Le Dr Albert Ayomba, fort de son expérience au sein d’un précédent comité de normalisation à la Fecafoot et de son rôle de conseiller juridique au CNOSC, apparaît comme un acteur clé de la stratégie institutionnelle.
La dimension technique est assurée par Pierre Matongo, entraîneur international et figure historique de la boxe en Afrique centrale, tandis que Patrice Marcel Djambou Tientcheu est présenté comme la mémoire du comité. L’ancrage continental est enfin garanti par David Pina, représentant de la Confédération Africaine de Boxe.
Un test grandeur nature pour la boxe camerounaise
À Yaoundé, le scepticisme le dispute à l’espoir. Le défi du comité sera de résister aux coups bas, d’éviter les interférences politiques et de tenir le cap dans un environnement historiquement miné. Pour les boxeurs, l’attente est simple et presque naïve : que le combat se déroule désormais sur le ring, et non plus dans les prétoires.







