
Plus de 600 athlètes attendus le 21 février à Buea pour l’une des courses les plus mythiques d’Afrique. Entre enjeux sportifs internationaux et vitrine économique régionale, la Mount Cameroon Race of Hope 2026 s’annonce exceptionnelle. Les préparatifs s’intensifient.
Quand Bernard Okalia Bilai prend la parole, c’est pour rappeler l’essentiel : « Restez engagés pour faire de cette 31e édition un succès. » Le gouverneur de la région du Sud-Ouest ne se contente pas d’encourager les organisateurs. Il pose les jalons d’un événement qui transcende largement le cadre d’une simple course de montagne. La Mount Cameroon Race of Hope, prévue le 21 février 2026 à Buea, est devenue au fil des années un rendez-vous incontournable du calendrier sportif africain.
Plus de 600 athlètes sont attendus au pied du Mont Cameroun, ce géant de 4 095 mètres qui défie les jambes et les poumons depuis 1973. Parmi eux, des coureurs venus de France, du Kenya, et d’autres nations où l’ultra-trail est devenu un art de vivre. Une dimension internationale qui confère à l’événement un prestige certain, mais aussi une responsabilité : celle d’être à la hauteur.
Quinze comités pour une course, une machine bien huilée
Rien n’est laissé au hasard. Quinze comités spécialisés ont été formés pour superviser chaque aspect de la course. Logistique, sécurité, communication, accueil des délégations étrangères… Et surtout, la santé. Car grimper le Mont Cameroun n’est pas une promenade. Les contrôles médicaux obligatoires, prévus 48 heures avant le départ, filtreront les participants pour éviter tout drame. « La sécurité des athlètes est notre priorité absolue », martèle Dr. Martin Mokake, directeur de l’hôpital régional de Buea, en charge de ce volet crucial.
Cette rigueur organisationnelle n’est pas nouvelle, mais elle s’affine d’année en année. La course a appris de ses erreurs passées, et chaque édition bénéficie désormais d’un cahier des charges toujours plus strict. Une professionnalisation qui rassure les athlètes internationaux et valorise l’image du Cameroun.
Des courses tests pour affûter les armes
Huit régions ont déjà terminé leurs courses tests. Ce samedi, c’est au tour de la région du Sud-Ouest de passer à l’action. Ces épreuves préparatoires ne sont pas de simples formalités. Elles servent à jauger la forme des athlètes locaux, à identifier les talents émergents, et surtout à tester la force mentale et physique nécessaire pour affronter le monstre de 4 000 mètres.
« Ces courses tests sont essentielles. Elles nous permettent de savoir qui est vraiment prêt », explique Andrew Eteki Njoh, président de la Fédération d’athlétisme de la région du Sud-Ouest. Un processus de sélection impitoyable, qui garantit que seuls les plus affûtés se présenteront au départ le 21 février.
Et comme chaque année, les athlètes de la région du Nord-Ouest affichent leur détermination. Fiers de leur réputation de guerriers des sommets, ils sont prêts à en découdre avec leurs rivaux du Sud-Ouest et les outsiders venus d’ailleurs. Une rivalité régionale saine qui pimente l’événement.
La foire de Buea, une vitrine économique et culturelle
Mais la Mount Cameroon Race of Hope, ce n’est pas que du sport. Du 10 février au 8 mars, Buea accueillera également sa traditionnelle foire, mettant en valeur les richesses sociales, économiques et culturelles de la région. Artisanat, gastronomie locale, spectacles traditionnels : une occasion pour le Sud-Ouest de rayonner bien au-delà des frontières sportives.
Cette synergie entre sport et économie n’est pas anodine. Elle attire des visiteurs, des investisseurs, et renforce l’attractivité de Buea comme destination touristique et économique. « C’est tout un écosystème qui se met en mouvement autour de cette course », souligne un observateur local. Un écosystème dont les retombées profitent à toute la région.
Le stade Molyko se prépare à accueillir le monde
Point névralgique de l’événement, le stade Molyko de Buea s’active en coulisses. « Nous nous préparons pour un grand succès », assure Njonje Simon Mbua, coordinateur du site. Gradins, vestiaires, zones d’échauffement : tout est passé au peigne fin pour garantir un accueil digne de l’événement.
Car au-delà des athlètes, ce sont des centaines de supporters, de journalistes, de personnalités officielles qui convergeront vers Buea. L’infrastructure doit suivre. Et visiblement, les organisateurs en sont conscients.
Une course, une légende
Depuis sa création en 1973, la Mount Cameroon Race of Hope a forgé sa légende. Certains y voient un défi sportif extrême, d’autres une quête spirituelle au sommet du « Char des Dieux », comme l’appellent les populations locales. Pour beaucoup, c’est les deux à la fois.
Le 21 février 2026, à l’aube, plus de 600 coureurs s’élanceront de Buea vers le sommet. Certains abandonneront en chemin, vaincus par l’altitude, la fatigue ou la montagne elle-même. D’autres atteindront le toit du Cameroun, éprouvés mais victorieux. Une poignée d’entre eux inscrira son nom au palmarès de cette course mythique.
En attendant, Buea retient son souffle. Le compte à rebours est lancé.





