l y a des titres qui ne vieillissent pas. La CAN 2017, pour le Cameroun, en fait partie. Dans une interview exclusive accordée à l’émission Talents d’Afrique sur Canal+, l’ancien défenseur international Nicolas Nkoulou est revenu avec une sincérité désarmante sur cette épopée collective qui continue de faire vibrer tout un peuple. Lucidité, humilité, amour du maillot — l’homme n’a pas changé.
« On avait tout à gagner »
Dès les premières minutes de l’entretien, Nkoulou plante le décor. L’état d’esprit de ce groupe était particulier — pas d’arrogance, pas de pression, juste une liberté presque paradoxale d’aller chercher quelque chose de grand.
« Ai-je senti qu’il se passerait quelque chose de grand en 2017 ? Oui, tout de suite. On s’est dit, de toute façon, ils ne comptent pas sur nous. On avait tout à gagner. Allons, donnons ce qu’on a et prenons les matchs les uns après les autres. »
Une philosophie de comptoir qui cache en réalité une maturité collective rare. Ne pas se projeter, ne pas subir la pression des étiquettes, juste jouer. Et gagner.
La leçon du banc de touche
Nicolas Nkoulou n’était pas toujours dans le onze de départ lors de cette CAN. Une situation que beaucoup auraient vécue comme une humiliation. Lui en a fait une force.
« La frustration d’avoir été remplaçant ? Non, parce que plusieurs fois, je suis venu en patron mais je suis toujours rentré la queue entre les jambes. S’il faut s’asseoir sur le banc pour soulever ce trophée-là, je signe tout de suite. »
Des mots qui résonnent. Dans un football où l’ego prend souvent le pas sur le collectif, Nkoulou incarne une autre vision — celle du champion qui comprend que le groupe est plus grand que n’importe quel individu.
L’eau, le but et le reste
Ce qui ressort de son témoignage, c’est avant tout la force du lien qui unissait ce groupe. Pas de jalousie, pas de clans — juste des hommes qui voulaient gagner ensemble.
« Ce qui était bien, c’est qu’on ne joue pas pour soi. On joue pour l’équipe, pour la nation. Ils faisaient bien, l’équipe avançait. Je n’ai rien à dire. Encourager, c’est ce qu’il y a à faire, apporter de l’eau s’il a soif. J’ai fait ce qu’il fallait et puis est arrivé mon moment et une fois encore, j’ai essayé. »
Ce moment, c’est son but — celui d’un homme qui avait tout donné dans l’ombre avant de surgir dans la lumière. Une leçon que le football camerounais ferait bien de méditer encore longtemps.




