Giresse, Evra, Nasri, Oshoala, Mido… Les voix du football africain et mondial s’élèvent à l’unisson pour condamner la décision du jury d’appel de la CAF. Au-delà du cas sénégalais, c’est l’image d’une institution en crise profonde qui s’impose dans le débat.
La décision administrative du retrait du titre sénégalais suscite de vives réactions, notamment parmi les supporters et les joueurs. Mais ce sont surtout les anciens professionnels et observateurs du football africain qui ont haussé le ton avec une virulence rarement vue.
Giresse : « C’est quoi ces conneries ? »
L’ancien sélectionneur du Sénégal Alain Giresse, qui a conduit les Lions de la Téranga entre 2013 et 2015, n’a pas retenu ses mots. Il a confié à Ouest-France : « C’est scandaleux parce qu’on s’appuie sur les règlements que l’on épluche au centimètre près, mais les Sénégalais ont déjà été sanctionnés avec de grosses amendes et des punitions. Deux mois après, ces messieurs de la CAF considèrent que les Sénégalais, en sortant du terrain, auraient perturbé les Marocains pour qu’ils perdent le match. Quand je vois ce que représente le football en Afrique, la CAF pense vraiment améliorer l’image du football africain avec cette décision ? Elle va être fière de quoi ? »
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Evra, Nasri, Mido : l’indignation en chœur
Patrice Evra a qualifié la décision de scandale, tandis que Samir Nasri a dénoncé une décision qui « décrédibilise la CAF ». L’ancien attaquant égyptien Mido a été encore plus cinglant, estimant que la CAF est « une vraie blague ».
Oshoala : « Pas dans notre livre »
La légende nigériane Asisat Oshoala, sextuple lauréate du titre de Joueuse africaine de l’année, n’a pas mâché ses mots en taclant le Maroc : « Le Maroc est champion d’Afrique dans le livre de la CAF, pas dans le nôtre ! » Une phrase qui résume, à elle seule, le fossé entre la légitimité institutionnelle et la légitimité populaire.
Une institution en crise de confiance
Au fond, c’est bien l’image de la CAF qui ressort fracturée de cet épisode. Déjà fragilisée par des scandales de gouvernance à répétition, l’instance dirigeante du football africain vient d’ajouter un épisode supplémentaire à une liste déjà longue. Après la décision radicale de la CAF, plusieurs personnalités sont dans la tourmente. La presse internationale n’est pas en reste : les médias anglais et espagnols relaient l’affaire avec une ironie qui dit long sur la perception du football africain à l’étranger.
Un expert a même proposé que la finale soit rejouée, solution qui, aussi symbolique soit-elle, traduit l’impasse juridique et morale dans laquelle la CAF s’est elle-même enfermée.
Annuler un résultat sportif deux mois après le coup de sifflet final, c’est signer l’arrêt de mort de la crédibilité d’une compétition. La CAN méritait mieux que ça.




