Can 2025 : Cameroun-Maroc, l’optimisme débordant des camerounais

Can 2025 : Cameroun-Maroc, l'optimisme débordant des camerounais

À la veille de leur quart de finale face au pays hôte ce vendredi (20h), les Lions Indomptables surfent sur une vague d’optimisme. Entre l’histoire qui leur sourit et une jeunesse intrépide, le Cameroun y croit dur comme fer.

Dans la fan zone de Bonamoussadi, à Douala, ils étaient près de 3 000 dimanche soir. Trois mille Camerounais suspendus aux exploits de leurs Lions Indomptables face à l’Afrique du Sud. Trois mille gorges serrées à chaque contre sud-africain, trois mille explosions de joie aux buts de Junior Tchamadeu et Christian Kofane. Quand l’arbitre a sifflé la fin du match, validant la qualification en quarts (2-1), une seule certitude s’est imposée dans l’euphorie ambiante : ce Cameroun-là peut aller loin. Très loin.

« On a assisté à un très bon match ! Beaucoup de combativité, de la niaque, des joueurs qui veulent gagner et mouiller le maillot », lance Eric Narcisse Oum Ndjeng, encore sous le coup de l’émotion. Autour de lui, les chants ont duré jusque tard dans la nuit. « Il nous reste maintenant trois matchs pour atteindre la finale ! » Dans les quartiers Etoudi, Nsimeyong et Mvog Mbi de Yaoundé, l’ambiance est identique. Les rues ont vibré jusqu’au petit matin, dans une communion populaire rarement vue ces dernières années.

Une équipe qui fait renaître l’espoir

Si l’engouement est si fort, c’est que cette équipe incarne bien plus qu’une simple sélection. Profondément remaniée par David Pagou, nommé il y a quelques semaines à peine, elle symbolise le renouveau. Les cadres historiques comme Vincent Aboubakar, André Onana ou Eric-Maxim Choupo-Moting ont été écartés. À leur place, une jeunesse bouillonnante menée par Bryan Mbeumo, l’ailier de Manchester United, et un gardien impérial, Devis Epassy.

« On a monté un groupe en seulement trois semaines. On n’a pas encore tous les automatismes, mais avec l’envie et en étant comme on est, on peut faire de belles choses », a promis Epassy après la qualification. Cette fraîcheur, cette insouciance presque, les Camerounais la portent comme une force. « C’était une très belle rencontre. On a retrouvé le grand Cameroun : du jeu, de l’engagement et surtout une équipe très jeune et dynamique », se réjouit un supporter. Le slogan résonne désormais partout : « Impossible n’est pas camerounais ! »

L’histoire d’un côté, la pression de l’autre

Face à eux vendredi, le Maroc pays hôte, porté par un public en fusion et des joueurs comme Brahim Diaz, meilleur buteur du tournoi avec quatre réalisations. Les Lions de l’Atlas n’ont plus perdu à domicile en match officiel depuis… 2009. Et devinez contre qui ? Le Cameroun, justement. Une statistique qui alimente encore un peu plus la confiance camerounaise.

Car l’histoire pèse lourd dans ce duel. En phase finale de CAN, le Cameroun reste invaincu face au Maroc, avec trois victoires et un match nul. Le fantôme de 1988 plane même : cette année-là, les Lions Indomptables avaient humilié le Maroc en demi-finale à Casablanca, chez lui, avant de remporter le titre. Un souvenir que les Marocains voudraient bien effacer.

« Le match contre le Maroc sera le match le plus facile pour nos Lions », affirme même un supporter de Yaoundé, dans un optimisme débordant. « Ce Maroc que j’ai vu jouer depuis le début de cette CAN ne peut pas battre le Cameroun. Je suis sûr que nous les battrons 3 à 1 », renchérit un autre. Des pronostics audacieux, certes, mais qui reflètent l’état d’esprit d’un pays qui n’a plus connu les demi-finales de la CAN depuis… 2017.

Le piège de l’excès de confiance

Reste que le football a ses propres lois. Si le Cameroun peut s’appuyer sur son réalisme – six buts inscrits malgré seulement 46 % de possession moyenne – il devra corriger ses faiblesses défensives. Contre l’Afrique du Sud, les Lions Indomptables se sont fait peur en fin de match, encaissant un but à la 88e minute qui aurait pu tout remettre en question.

Le Maroc, lui, affiche une possession moyenne de 63 % et une solidité défensive impressionnante : un seul but encaissé depuis le début de la compétition. Avec le retour de leur capitaine Achraf Hakimi et un public qui promet d’être le douzième homme, les Lions de l’Atlas ne feront pas de cadeau.

Dans les rues de Rabat, où les deux communautés se croisent depuis le début de la compétition, l’ambiance est électrique. « Cameroun, c’est notre devoir d’éliminer le Maroc », lance un supporter des Lions Indomptables. En face, un Marocain répond : « On va boxer tous les adversaires, y compris le Cameroun, et on ira en demi-finale ! » Entre chambrage et respect mutuel, ce quart de finale s’annonce comme l’un des temps forts de cette CAN 2025.

Vendredi soir, au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, l’un des deux géants africains verra ses rêves s’envoler. L’autre écrira une nouvelle page de son histoire. Pour le Cameroun, c’est simple : impossible n’est pas camerounais.

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