
Paul Eboua, basketteur camerounais évoluant à Asvel
Le LDLC ASVEL Villeurbanne a officialisé ce lundi l’arrivée de Paul Eboua jusqu’à la fin de la saison. À 25 ans, l’international camerounais débarque en provenance de Trapani, club italien plongé dans une crise sans précédent, pour apporter son impact physique et son activité au rebond dans la raquette rhodanienne.
Dans le sillage du départ surprise de Nando De Colo vers le Fenerbahçe Istanbul, l’ASVEL cherchait à rééquilibrer son effectif. Si le vétéran français évoluait au poste de meneur, c’est bien dans le secteur intérieur que Pierric Poupet, l’entraîneur villeurbannais, manquait cruellement de densité, particulièrement au niveau Euroleague.
Paul Eboua (2,03 m) s’est imposé cette saison comme une référence du championnat italien. Meilleur rebondeur de Serie A avec 9,2 prises par match, l’ailier-fort tournait également à 10,7 points de moyenne (à 50% à trois points et 61,3% à deux points) pour 17,1 d’évaluation en treize rencontres. En Basketball Champions League, il affichait des statistiques de 8,2 points et 5,8 rebonds en six apparitions.
« Il va nous amener du rebond, de la défense, de l’agressivité offensive », a résumé Gaëtan Muller, président délégué de l’ASVEL, dans les colonnes de L’Équipe. Une description qui colle parfaitement au profil de ce joueur énergique, capable d’impacter les rencontres sans monopoliser le ballon.
Trapani : un naufrage sportif et administratif
Le timing du transfert n’est pas anodin. Le club sicilien traverse une tempête d’une rare violence. Pénalisé de huit points au total en championnat pour diverses infractions administratives – notamment des problèmes de paiement de cotisations fiscales et sociales – Trapani Shark n’a même pas fait le déplacement à Bologne le week-end du 4 janvier, s’inclinant par forfait 20-0 face à la Virtus.
Cette décision drastique intervient après que le Tribunal Fédéral italien a infligé deux ans d’inibition au président Valerio Antonini et trois points de pénalisation supplémentaires au club. Le blocage des contrats et des enrôlements a précipité le départ de plusieurs cadres : l’entraîneur Jasmin Repesa, puis les joueurs Timmy Allen, Jordan Ford et Amar Alibegovic.
Avec moins de six joueurs professionnels sous contrat selon certaines sources, le club italien ne remplit plus les conditions minimales pour participer au championnat. Une situation qui a facilité le départ d’Eboua, dont les droits appartiennent en réalité à l’Olimpia Milan. Le club milanais, soucieux du développement de son jeune intérieur, a validé ce prêt jusqu’au 30 juin 2026 pour lui offrir une vitrine européenne de premier plan.
L’Euroleague comme nouveau terrain de jeu
Pour Paul Eboua, ce transfert représente un tremplin majeur dans sa carrière. Après avoir construit son parcours en Italie (Pesaro, Cremona, Brescia, Trapani) et un passage par la G-League en 2020-2021 avec les Long Island Nets, l’international camerounais va enfin découvrir l’Euroleague, la compétition reine du basket européen.
Il intègre une raquette villeurbannaise en pleine reconstruction, composée de joueurs encore peu expérimentés à ce niveau : Bodian Massa, Bastien Vautier, Zac Seljaas, Armel Traoré et Mbaye Ndiaye. Son expérience et sa dureté physique devraient offrir à l’ASVEL une option précieuse dans les phases de jeu plus rugueuses, là où le manque d’agressivité s’était parfois fait sentir depuis le début de la saison.
Le schéma rappelle celui de Ben Bentil, arrivé lui aussi du Sud de l’Italie la saison passée dans des circonstances similaires. Une stratégie opportuniste qui semble porter ses fruits pour le club du président Tony Parker.
Le Cameroun à l’honneur en Betclic Elite
Avec l’arrivée d’Eboua à l’ASVEL, le contingent camerounais en Betclic Elite continue de s’étoffer. Williams Narace (2,02 m, 28 ans) porte désormais les couleurs de la JDA Dijon après cinq saisons accomplies au Mans Sarthe Basket, où il s’était imposé comme l’une des figures du club manceau. Jeremiah Hill défend quant à lui le maillot de l’Élan Chalon-sur-Saône.
Cette présence camerounaise illustre l’attractivité croissante du championnat français pour les talents du continent africain, qui y trouvent un tremplin idéal pour se développer et briller sur la scène européenne.
Reste désormais à Paul Eboua de prouver qu’il peut franchir un cap et s’imposer au plus haut niveau continental. À 25 ans, le timing est idéal pour relever ce défi.







