ComEx CAF à Dar es Salaam : CAN 2027 confirmée, CAN féminine maintenue au Maroc

ComEx CAF à Dar es Salaam : CAN 2027 confirmée, CAN féminine maintenue au Maroc

Le comité exécutif de la CAF s’est réuni le 13 février 2026 en Tanzanie dans un contexte explosif post-CAN 2025. Fouzi Lekjaa absent, Secrétaire Général introuvable : une session sous haute tension qui a livré peu de décisions concrètes.

Le football africain avait les yeux rivés sur Dar es Salaam ce vendredi 13 février 2026. Dans les salons du Hyatt Regency, les membres du Comité Exécutif de la Confédération Africaine de Football (CAF) se sont réunis pour ce qui devait être une session décisive après la finale explosive de la CAN 2025. Le Sénégal avait battu le Maroc (1-0 a.p.) dans un match émaillé d’incidents qui avaient mis le feu aux poudres sur tout le continent.

Un EXCO marqué par deux absences retentissantes

Avant même que la séance n’ouvre, le ton de la réunion était donné par deux chaises vides. La première : celle de Fouzi Lekjaa, président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) et vice-président de la CAF. Furieux des sanctions imposées au Maroc après les incidents de la finale, le dirigeant marocain a opté pour le boycott, un acte politique fort qui reflète la profondeur des tensions entre Rabat et le siège de la CAF. La seconde absence, encore plus déconcertante : celle de Veron Mosengo-Omba, Secrétaire Général de la CAF, dont la disparition n’a reçu aucune explication officielle. Son maintien en poste fait l’objet de vives discussions internes, certains soulignant qu’il aurait dû quitter ses fonctions en octobre 2025 selon le Règlement 130 du manuel de l’emploi de la CAF.

Les décisions actées

Malgré les turbulences, la réunion a débouché sur plusieurs résolutions formelles :

1. CAN 2027 maintenue : Le Comité exécutif a officiellement confirmé que la Coupe d’Afrique des Nations 2027 se tiendra en juin-juillet 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda — la « Pamoja bid ». Premier tournoi en format d’organisation tripartite dans l’histoire de la CAN, ce projet sera un défi logistique colossal. Motsepe a reconnu des difficultés liées aux infrastructures et aux pelouses, tout en affirmant que des solutions seraient apportées. Les inspections se poursuivaient jusqu’au 17 février.

2. CAN Féminine 2026 confirmée au Maroc : Malgré les rumeurs d’un changement d’hôte vers l’Afrique du Sud, la CAN Féminine (WAFCON) 2026 est confirmée au Maroc du 17 mars au 26 avril 2026. Motsepe a reconnu des marques d’intérêt de la part d’autres pays tout en réaffirmant la priorité au respect du calendrier initial.

3. Calendrier compétitif 2026 validé : L’EXCO a entériné le calendrier complet des compétitions continentales 2026 : CAN Futsal (Maroc, 6-15 avril), CAN U17 (25 avril – 15 mai), finales Coupe de la Confédération (9 et 16 mai), finales Ligue des Champions (15 et 24 mai), CAN de beach soccer (7-15 novembre), Ligue des champions féminine (6-20 novembre).

4. Réforme réglementaire : Révision du code disciplinaire et d’éthique, du code de gouvernance, du manuel des employés et des politiques de voyages. Refonte des comités permanents et révision des per diem alloués aux arbitres, opérateurs VAR et commissaires de match.

5. Vision à long terme — CAN quadriennale : L’EXCO a discuté de la transition de la CAN du format bi-annuel au format quadriennal à partir de 2028, afin d’aligner le calendrier africain avec l’Euro et la Copa América et d’augmenter la valeur commerciale du tournoi. Le processus de candidature pour les compétitions majeures jusqu’en 2037 (CAN 2028, 2032, 2036) a été ouvert.

Un ComEx entre prudence et inertie

Au fond, cette session de Dar es Salaam laisse un goût amer aux observateurs. « Ce qui devait être un moment de clarification s’est transformé en exercice de formalisation administrative », résume un analyste. Le dossier brûlant de l’arbitrage de la finale CAN 2025 — qui concentrait 4h45 de débat — n’a débouché sur aucune sanction complémentaire ni sur aucune réforme immédiate. La CAF a donné l’impression de naviguer à vue, entre gestion des égos et neutralité juridique obligatoire.

L’avenir du football africain — qui dispose d’un immense vivier de talents, d’un marché en pleine croissance et d’une passion populaire incomparable — mérite une gouvernance à la hauteur. Dar es Salaam était l’occasion d’en faire la démonstration. Ce n’est que partie remise.

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